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Bordeaux - Mercredi 3/06/09 |
Près de 1 000 collégiens ont investi hier le Parc des expositions de Bordeaux pour participer à l’opération « Bouge… une priorité pour ta santé ! ». Ce programme de prévention, qui allie sport et santé, a donné le ton du 39e congrès de la Mutualité française, qui s’ouvre aujourd’hui.
Vêtus d’un T-shirt orné du logo de l’opération et coiffés d’une casquette rouge ou bleue, les collégiens sont accompagnés, classe par classe, par un bénévole mutualiste. Ainsi, Jean-Claude Gibert et Guy Laveau, tous deux girondins, guident respectivement une classe du collège Chateaubriand, à Combourg (Ille-et-Vilaine), et du collège Charles-Eisen, à Valenciennes (Nord).
A 66 ans, Jean-Claude Gibert pratique le sport depuis son « plus jeune âge ». Il a repris une pratique régulière, à un rythme adapté, depuis qu’il a subi une importante opération cardiaque. « Depuis lors, je ne vois plus mon kiné », sourit-il.
Comme eux, quelque 40 militants aquitains jouent ainsi ce rôle de « poisson pilote » auprès des jeunes. Ils disposent du programme et du planning de la journée, recueillent les résultats des tests de chaque enfant. Ceux-ci leur seront communiqués à l’issue de leur parcours sportif.

Georges Cazorla, docteur en biologie de l’exercice musculaire, surveille attentivement les épreuves. Il a sélectionné les cinq tests utilisés pour « Bouge… » (lire Afim n° 3352 du 12 novembre 2008). Pour l’heure, des collégiens venus de la Guadeloupe courent sur une distance de 20 mètres et effectuent des allers et retours, rythmés par un bip qui s’accélère progressivement.
« Cet exercice permet à chacun d’arriver à sa consommation d’oxygène maximale », explique Georges Cazorla. C’est un bon marqueur de la condition physique et de la santé. En effet, « un organisme qui consomme plus d’oxygène dispose d’une bonne aptitude cardio-vasculaire. On peut la développer à tout âge » !
Un peu plus loin, une classe de 6e du collège Grand-Parc, à Bordeaux, s’initie à l’escrime sous le regard d’une militante des Pyrénées-Atlantiques, Sandrine Martinez. Tous les enfants sont équipés d’un masque et d’une veste nouée dans le dos. « Votre but est de faire un duel. Vous devez toucher l’autre avec la pointe de votre lame », lance Didier Leménagé, conseiller technique régional pour l’escrime en Aquitaine.
« Cette discipline permet d’acquérir le respect d’autrui. Elle développe aussi la concentration et le sens de l’observation, de sorte qu’un petit qui se bat intelligemment peut vaincre un plus grand », précise-t-il.
A la fin de son parcours, une classe s’installe pour répondre aux questions d’un quiz. Animé par les responsables de l’activité prévention (Raps) de la Mutualité française d’Aquitaine, ce petit questionnaire est l’occasion de transmettre des messages de prévention. Les témoignages apportés par la présence de sportifs de haut niveau captent l’attention des enfants.
« Aujourd’hui, les jeunes ont une meilleure condition physique qu’il y a vingt ans. Vrai ou faux ? », interroge Jacques Chaboy, un responsable prévention basé dans les Landes. Nombreux sont les collégiens abasourdis d’apprendre que leurs aînés auraient eu de meilleurs résultats en passant les mêmes tests ! « Savez-vous pourquoi ? », demande Jacques Chaboy. « Que faites-vous le soir, après l’école ? Est-ce que vous avez une Playstation ? », insiste-t-il, leur indiquant ainsi une piste de réponse.
« Quand j’avais votre âge, je faisais du tennis et du handball avec l’UNSS, et je jouais au foot avec mes copains », raconte Mathieu Reynaud, gardien de but dans l’équipe des Girondins de Bordeaux de handball. « J’allais aussi à l’école à vélo ! » « Faire une activité physique, ce n’est pas forcément faire du sport. C’est aussi monter les étages à pied. Il faut bouger au moins une heure par jour ! », conseille Patricia Bettiol, responsable prévention dans le Lot-et-Garonne.
A l’espace ergo-aviron, cinq collégiens sont installés sur un appareil qui permet de simuler le geste du rameur. A l’issue de la course fictive de 300 mètres qu’ils réalisent, l’une des jeunes filles se renseigne auprès des animateurs : « Est-ce qu’il y a des clubs d’aviron à Marseille ? » Son sourire en dit long lorsqu’elle apprend qu’il y en a quatre !